10 décembre 2007

Label "Politique Nouvelle"

Venue du plus profond de notre peuple, une exigence de comportements politiques nouveaux se lève ! Cette exigence dépasse le cadre des partis politiques, car elle appelle à une refondation de nos pratiques afin de sauver notre démocratie. Cette exigence est faite de responsabilité, de transparence et d'éthique.

Confrontés aux réticences d'une classe politique qui défend ses intérêts, nous considérons que c'est d'abord en étant exemplaires que nous ferons évoluer les comportements politiques.

Nous appelons donc à la création d'un Label « Politique Nouvelle », que les candidats et élus de tous les partis prendraient l'engagement d'appliquer à eux-mêmes.

Se revendiquer de ce label, c'est faire publiquement le serment ci-dessous.

 

Je m'engage personnellement à :

  • Ne pas cumuler de mandats
  • Ne pas renouveler 2 mandats successifs
  • Respecter la plus stricte parité
  • Favoriser une réelle représentation des minorités et de tous les citoyens
  • Publier chaque année un rapport moral, sur mes convictions et actions politiques, et un rapport financier sur mon patrimoine
  • Quitter définitivement la politique si j'étais condamné à une peine d'inéligibilité
  • Répondre aux courriers et/ou e-mail de citoyens qui me sollicitent
  • Privilégier les candidats locaux aux élections locales : refuser les "parachutages"
  • Ne pas me livrer au dénigrement individuel ou aux petites phrases sarcastiques
  • Toujours proposer une alternative après avoir critiqué un projet
  • Dénoncer toute forme de corruption ou de désinformation
  • Encourager les convergences trans-partisanes
  • Respecter tous ceux dont les convictions évoluent
  • Agir pour la diffusion et la généralisation de ces engagements
 
Il n'y a rien de courageux à prendre ces engagements lorsque l'on se lance dans la politique ! Pourtant, il faut les prendre maintenant pour l'être lorsque dans 10 ans il faudra les tenir.... 
Cette initiative s'inspire et en complète d'autres du même type: celle de la charte poléthique relayée par Quitterie Delmas ou celle d'Antidote

11 novembre 2007

De la difficulté d'être centriste

Je suis pour les OGM, le nucléaire ou la voiture !

Je suis aussi pour davantage de solidarité, pour une immigration massive et généreuse ou de vrais droits équivalents pour les homosexuels et les étrangers !

Voilà pour la vision simpliste de mes convictions. En vérité, elles sont beaucoup plus nuancées.

Mais même si je peux développer pour chacune de ces idées des arguments pertinents, serais-je entendu avant d’être catalogué ? Et si je le pouvais, pourrais-je développer un discours nuancé, sans paraitre fatigant, terne ou peu ambitieux ? Même si nous, centristes, n’avons pas tous les mêmes convictions, nous sommes tous confrontés à cette difficulté.

Car si c’est une chose (tellement facile) de se scandaliser, c’en est une autre d’essayer de comprendre la subtilité et la difficulté du monde, puis de proposer des voies réalistes, même si elles ne sont sûrement pas idéales. Il est a priori déroutant de comprendre que pour vouloir gouverner il faut proposer des idées tranchées, simplistes et miraculeuses, alors même que pour gouverner il faut confronter ces idées à la réalité et immédiatement les nuancer et les réduire.

Etre centriste, c’est donc poser directement, pour chaque idée, la question de ses nuances et de sa mise en œuvre. C’est se mettre honnêtement en position de gouverner et non de vouloir gouverner. C’est sortir de la dichotomie simpliste droite/gauche, solidarité/efficacité, nature/technologie…

Autre difficulté paradoxale : face aux ayatollahs de tous bords, de ceux de l’écologie à ceux de l’argent, considérer qu’il est vain de vouloir les combattre ! En effet, nous leur reconnaissons la pertinence de servir d’éclaireurs, de capacités d’indignation et de spécialistes des cas particuliers. Ce sont donc des partenaires, alors même que nous nous opposons à leurs idées.

Etre centriste c’est également prendre conscience que nous ne serons jamais d’accord entre nous. Car elle est immense la gamme des nuances et des projets. Il nous faut alors faire vivre le débat, sans vouloir le trancher définitivement. Mais au final retenir, à l’instar de la démocratie, le moins pire des systèmes. Car dans quasiment tous les domaines de la politique, face à la complexité et l’absence de certitude, il restera nos valeurs et surtout un engagement : celui de conduire honnêtement et en transparence, les affaires communes.

Ne pas vouloir faire le bonheur des hommes, voilà notre ambition et notre difficulté.

19 juin 2007

Un florilège d'idées

Je ne peux évidemment pas résister à la tentation de signaler la synthèse réalisée par l'Institut Montaigne en rassemblant toutes les propositions faites depuis 2000 par ce réservoir d’idées de référence :

 
Vademecum 2007-2012 - Moderniser la France

 
Le document est intégralement disponible en pdf. C’est une source d’inspiration et de débats extrêmement dense et intéressante.

 

30 mai 2007

Moduler les cotisations retraites en fonction du nombre d’enfants

L’analyse de la structure démographique de notre société française nous impose deux défis :

  • Sécuriser le principe de la retraite par répartition : ce sont les enfants devenus des adultes actifs qui payent pour leurs parents devenus retraités. Il s’agit donc d’un cycle de solidarité. Une majorité de Français souhaite, à raison, continuer à faire perdurer ce système par rapport au système de retraites par capitalisation. En effet ce dernier, s’il est plus responsable individuellement, reste défavorable aux plus pauvres qui ne peuvent mettre d’argent de côté pendant leur période active. Mais surtout, ce système par capitalisation est bien moins sûr, car il repose sur les cours volatiles des produits de placements. Il faut donc préserver le système de retraites par répartition qui est aujourd’hui mis en danger par l’évolution de la structure démographique de la société : de plus en plus de retraités et de moins en moins d’actifs. Ne pouvant agir qu’à la marge sur le nombre de retraités (en reculant de quelques années l’âge du départ à la retraite, c’est négligeable), il faudrait plutôt augmenter à long terme le nombre d’actifs par la natalité (et aussi par l’immigration, mais ce n’est pas le sujet de cet article).
  • Encourager la natalité pour éviter les déséquilibres générationnels et stimuler la croissance. Il est peut-être à la mode aujourd’hui de proclamer sentencieusement que toute naissance est un crime contre l’écologie, mais je crois au contraire que toutes les politiques de limitation des naissances ont été des dictatures. Ce qu’il faut viser, c’est une société harmonieuse, où chacune des tranches générationnelles s’équilibre afin d’éviter à tout prix ce type de conflit. Aujourd’hui, cela veut dire qu’il faut des naissances !

 
Il semble légitime de considérer que les personnes qui font le choix de n’avoir pas ou peu d’enfants perturbent le principe même de la retraite par répartition. Pour aller au bout de ce raisonnement il faudrait adapter le niveau des pensions au nombre d’enfants. Cette solution ne serait pas acceptable en termes d’équité, et en intervenant a posteriori elle n’aurait qu’un effet incitatif limité sur la natalité. Au lieu de jouer sur les pensions, il pourrait donc être plus efficace de jouer sur les cotisations.

 
Le niveau de cotisation pourrait être modulé comme suit par rapport au niveau actuel :

  • 0 enfant : + 50 %
  • 1 enfant : + 25 %
  • 2 enfants : 0 %
  • 3 enfants : - 25 %
  • 4 enfants et plus : - 50 %

 
Cette progressivité constituerait évidement une aide à la natalité en transférant progressivement aux ménages du pouvoir d’achat en fonction des naissances.

 
L’adaptation des cotisations reposerait sur les enfants nés et reconnus par personne pour que chacun des deux parents en bénéficient. Il ne serait pas judicieux d’adapter ensuite ces modalités entre ceux qui contribuent ou non réellement à l’éducation des enfants : ce n’est pas l’objectif de cette mesure qui vise la natalité, la responsabilité individuelle et la lisibilité du principe de retraite par répartition pour la sauvegarder. Cette dernière modalité aurait également l’intérêt de rendre le système compatible avec les nouvelles pratiques familiales.

 
Il y aurait évidement des dispositions particulières de neutralisation du dispositif pour tous ceux qui médicalement ne peuvent avoir d’enfant.