05 juin 2007

Pour une immigration massive

La position officielle de la France sur l’immigration est la suivante : une immigration faible et que l’on dissuade, limitant le regroupement familial et privilégiant les individus formés.

Le résultat de cette politique est point par point implacable : de l’immigration clandestine importante, des problèmes d’intégration récurrents et la lenteur du développement local par la fuite des cadres éduqués. C'est-à-dire un échec durable et un cercle vicieux qui s’intensifie.

Je crois que l’immigration clandestine s’explique par deux désespoirs : celui évident du développement économique et celui de l’absence de perspectives d’émigration. Je traiterai ailleurs la question du nécessaire développement économique, même léger et très progressif. Ce qui m’intéresse ici c’est de montrer qu’il faut donner un espoir à tout le tiers monde dans la possibilité de pouvoir émigrer. Ce doit être une porte de sortie individuelle réaliste pour permettre le développement. Si les gens savent que cette possibilité existe ils seront encouragés à investir dans leur pays : sachant qu’en cas d’échec personnel, il y aura toujours cette possibilité. Et surtout, ils ne tenteront pas la dramatique émigration clandestine car la légalité restera envisageable. Il faut donc clairement afficher vis-à-vis de ces pays et de ces personnes notre volonté d’organiser une immigration et communiquer largement sur ce sujet. Les charters sont, eux, une politique contre-productive et un encouragement à la clandestinité. Il faut redonner espoir à toutes ces populations, alors elles sauront se montrer responsables.

Nous avons d’autre part un besoin important d’immigration. L’argument du chômage qui est généralement avancé pour contrer cette idée, se retourne en sa faveur quand on analyse plus finement les chiffres. Une partie du chômage en France s’explique par une inadaptation des actifs au marché de l’emploi en raison de leurs sur-formation : à former 80% des classes d’âge au niveau bac et en ouvrant largement les portes de l’université, on a décrédibilisé les filières techniques et les métiers d’exécution de base. Le besoin réel n’est pas sur le nombre de médecin que l’on saurait très bien adapter en interne, mais sur tous les métiers manuels peu qualifiés (niveau BEP-CAP), qui ont de tous temps constitués la première étape d’une immigration réussie. Il n’y a pas de chômage véritable dans ces métiers, car lorsqu’il y en a, c’est toujours en raison de l’absence de volonté de mobilité géographique de nos chômeurs. L’immigration organisée et permettrait de répondre de manière ciblée et équilibrée à la réalité de nos besoins. 

Pour le reste, les clefs d’une intégration réussie sont bien connues : c’est l’éducation des enfants, la mixité sociale dans les lieux d’habitation, la responsabilisation des familles et l’appropriation des valeurs du pays d'accueil. Toutes choses qui servent l’intérêt général de la société et qui doivent être mise en œuvre au niveau global par l’état, et non plus déléguées aux communes les plus pauvres et aux associations communautaires locales. Je crois que c’est ce point qui constituera la vraie révolution !  

Enfin, l’immigration est une nécessité pour permettre une meilleure redistribution des richesses au niveau mondial. Ce n’est à ce sujet qu’une des solutions, mais elle doit être mise en œuvre pour préserver les équilibres (la paix) au niveau mondial et limiter les tentations terroristes et/ou de grandes migrations et autres phénomènes qui déstabiliseraient durablement nos civilisations.