28 janvier 2008

Les 4 projets électoraux pour Paris

 
Les quatre principaux partis politiques parisiens ont tous publié leurs projets municipaux.
 
Les voici :
 

Quelles sont, selon vous, les différences les plus notables ?
 
De mon côté, je commence une analyse détaillée que je présenterai ici bientôt. 
 
 

31 décembre 2007

Marielle 2.0

 
7e656fc7159fbde645c3c5c639ce1eb1.jpgComme beaucoup de MoDem parisiens, je trépigne. Tel un taureau à la porte de l’arène, je gratte le sol, prêt à jaillir. Comme une Formule 1 au départ, je suis à fond sur les pédales d’accélérateur et de frein. J’ai hâte d’entrer en campagne !

Cette attente en a déjà lassé certains : attirés par d’autres sirènes ou fatigués des guéguerres internes nées d’une trop longue incertitude. Cette situation perdurera dans les premiers jours de janvier jusque la sortie du livre de Marielle de Sarnez et les premières investitures. Alors, plutôt que de critiquer ou d’encenser vainement pour meubler mon impatience, je poursuis ma réflexion sur la campagne à venir. Après une note sur la nécessité d’une vision, voici donc quelques propositions pour (re)lancer notre campagne. J’appelle ces propositions « Marielle 2.0 » ou la nouvelle version d’une campagne dynamique et efficace.

Dans tous les cas notre projet municipal sera caractérisé par son réalisme, son équilibre et son sérieux, car c’est cela l’ambition du MoDem. Nous savons que les problématiques sont complexes et que nous devrons faire preuve d’une très grande responsabilité. Cependant ces arguments ne sont pas vraiment porteurs dans le contexte d’une campagne électorale. Il faut donc faire des choix un peu simplificateurs et mettre en évidence quelques traits mobilisateurs : trois projets indispensables, trois idées chocs, trois cibles électorales et un slogan.
 
 
Trois projets non négociables – nos valeurs locales.
 
Nous ne sommes pas encore bien clairs sur notre stratégie d’alliance, et ce flou nous nuit. Le peuple de Paris sait que, même si nous portons un programme cohérent, nous devrons nous allier quoi qu’il arrive. Il aura donc du mal, en raison de la particularité du mécanisme de la fusion des listes, à nous soutenir au premier tour, sans connaître notre position pour le second tour. De notre côté, nous devons rester indépendants afin d’assurer notre crédibilité. Alors, comment résoudre ce paradoxe ? La seule solution efficace est d’afficher dès maintenant les projets qui nous semblent indispensables et sur lesquels nous ne transigerons pas en nous associant. Nous pourrions par exemple retenir les 3 valeurs suivantes :
  • Qualité de vie - clin d’œil à droite - : propreté, sécurité, lutte contre les nuisances du quotidien (bruits, encombrement des trottoirs et autres incivilités…). Dans nos propositions et dans nos comportements d’élus, nous devons nous engager à être en première ligne sur ces sujets qui ont un impact direct sur la vie de nos électeurs. La qualité de vie que nous proposons est également imprégnée d’écologie urbaine responsable sans être idéologique.
  • Mixité - clin d’œil à gauche - : c’est la vision d’une ville équilibrée et homogène tant dans sa sociologie que dans son activité économique que nous voulons bâtir. La ville du MoDem est une ville de villages : toutes les catégories d’habitants s’y épanouissent côte à côte. Notre labeur sera de corriger les déséquilibres.
  • Démocratie - notre touche Démocrate - : au-delà des considérations institutionnelles, nous devons proposer aux Parisiens une vie démocratique plus active et responsable. Les grands choix déterminants pour leur avenir, en matière d’urbanisme ou de transports notamment, devraient leur être mis entre les mains, par des referendums de projets. Une démocratie plus directe et plus lisible est possible.
Ce ne sont pas des valeurs très originales, mais elles sont fédératrices. L’originalité, nous la construirons sur des idées chocs.
 

Trois idées chocs et médiatiques
 
Nous avons la chance, unique en France, d’être à Paris dans une élection médiatique. Mais, les médias résument déjà la bataille électorale à un duel gauche / droite – Delanoë / Panafieu. C’est évident qu’avec les 7 % d’intentions de votes dont les sondages créditent Marielle 1.0, nous resterons à la marge de cette bataille, tout juste bons à jouer le jeu des reports de voix. Pour en sortir, il nous faut donc créer du buzz afin d’enclencher une dynamique médiatique et nous imposer dans ce duo. Sur tous les principaux thèmes de la campagne – transport, logements, écologie urbaine – une proposition du MoDem de Marielle doit être systématiquement évoquées par les journalistes. Et pour cela, ces propositions doivent être innovantes et exceptionnelles, un peu dérangeantes au premier abord, afin d’attirer l’attention.

Car, au fond il n’y a pas vraiment de politique municipale de gauche ou de droite, les programmes sont très voisins. Il n’y a souvent que des postures électorales. Et nous devons en prendre également pour exister. Alors, plutôt que de laisser à d’autres le soin de nous caractériser ou caricaturer (MouDem), nous devrions garder l’initiative en créant nous-même des symboles forts pour notre campagne. Et autant faire en sorte qu’ils soient signifiants. Ils n’ont donc pas nécessairement besoin d’être réalistes : ce sont des symboles. Et ce sont les symboles qui font la différence en politique.

Voici ceux que je propose :
  • Plus d’impôts pour plus de services après un referendum. Cette proposition peut sembler suicidaire, elle est en fait éminemment responsable et courageuse, comme j’ai essayé de le montrer ici. Il faut oser dire que les impôts locaux sont plutôt modérés à Paris et laissent un potentiel fiscal qui permettrait de mettre en œuvre tous les services qu’attendent nos concitoyens, notamment en matière de transports ou de solidarité. Moins d’impôts c’est plus de dettes ou moins de services. Le statu quo à la Delanoë – reposant sur des astuces comme pour Velib’ ou sur la conjoncture immobilière des droits de mutations - n’est pas durable. La ville MoDem est durable et démocratique : nos projets seront financés par les citoyens, qui les auront librement consentis après avoir été consultés.
  • Une ville verte dans le bois de Boulogne. J’ai déjà développé cette idée étonnante. C’est une proposition qui illustre merveilleusement ce concept d’idée choc, car le Nouvel Obs en a même fait état. Cette proposition permet d’aborder de nombreux sujets : la mixité, l’urbanisme, la densité, le développement durable, le logement, etc… C’est sans doute une idée que nous ne mettrons pas en œuvre dans une politique municipale de compromis, mais elle permet de susciter l’intérêt de tous - le débat - et nous permet d’exister en promouvant nos valeurs.
  • Une agence indépendante de la qualité de vie urbaine. La transparence de l’information est une condition indispensable à une démocratie épanouie. Nous devons donc continuer à défendre cette valeur jusque dans notre action locale. Or, les questions de qualité de vie - des embouteillages aux maladies urbaines en passant par  l’information des citoyens - sont encore abordées de façons diffuses et caricaturales auprès de nos concitoyens. Alors que c’est de leur vie même qu’il s’agit. Nous devrions donc développer sur ces sujets, non un message de solutions toutes prêtes et quasi-idéologiques, mais la volonté d’une démarche et d’une méthode auxquels tous, associations de consommateurs, de citoyens, syndicats et opposition municipale, seraient associés.  

Pour être porteuses, ces idées doivent être revendiquées médiatiquement par notre candidate, et surtout par les militants sur le terrain ou les marchés. Ils auront auparavant été formés et seront prêts à débattre sur ces sujets qui  susciteront les discutions et nous ferons émerger de la masse électorale.



Trois cibles électorales
 
Même si notre discours et notre programme s’adressent à tous les Parisiens, la recherche d’une efficacité électorale nous impose de cibler précisément l’électorat que nous voulons séduire.
  • Etant donnée la qualité perçue du bilan de Bertrand Delanoë, il ne semble pas pertinent d’essayer de récupérer des électeurs fidèles à la gauche. Mais il ne faut surtout pas se les aliéner, afin de laisser la porte ouverte au soir du premier tour.
  • Notre base de 12% aux législatives 2007. Ces électeurs sont assoiffés de démocratie. Ils sont prêts à continuer à nous suivre si nous continuons à défendre une vision constructive et réformatrice.
  • Les 20% d’électeurs de François Bayrou : ils souhaitent une alternative à l’alternance, c'est-à-dire un discours responsable sans promesses illusoires.
  • Jusqu'à 30% avec les électeurs de droite qui trouvent que le dynamisme de Delanoë (hors les Verts) reste préférable au bilan antérieur du système opaque et somnolent de leur famille politique, mais qui auront du mal à voter à gauche. A ceux-là nous dirons que nous pouvons « faire mieux ».
 
Notre slogan
 
Une devise constructive et engageante :

Faire Nettement Mieux
Fluctuat Nec Mergitur
 
 
 
 
Objectivement, nous n’atteindrons pas encore les 30% à ces élections, mais il nous est indispensable de dépasser rapidement les 10% sous lesquels nous stagnons dans les sondages. La brève analyse électorale ci-dessous montre que notre électorat n’attend qu’une chose pour se re-mobiliser : une dynamique semblable à la Présidentielle, une Marielle 2.0 !

28 octobre 2007

Comment gagner les Municipales à Paris ?

e9240f25a7fbcb2d093a1bb1dcd27c2e.jpgAvec la mise en ligne du blog de projet de Marielle de Sarnez, c’est une grande étape vers les Municipales qui vient d’être franchie. Ce blog est le travail admirable et démocratique de tous les militants parisiens du MoDem. L’initiative doit vraiment être saluée.

Nous ne gagnerons pas Paris en proposant plus de crèches, d’espaces verts, de bus ou de couverture sur le périphérique. Nous ne le gagnerons avec ces propositions, car elles sont exactement les mêmes que celles et de la gauche et de la droite. Ces propositions sont donc la base, mais nous ne devons pas nous focaliser dessus.

Nous ne gagnerons pas Paris en proposant des mesures trop techniques (parler d’intercommunalité ou du partage de responsabilités entre mairies d’arrondissements et mairie centrale) ou trop générales (le développement durable, la pollution, la misère). Il est également évident, que nombre de propositions intéressantes pour la ville ne sont pas dans ses compétences actuelles : ainsi des transports collectifs, des taxis, du futur Grand Paris, de la sécurité… Il ne faudrait pas taire ces questions sous prétexte que ce ne sera pas dans les responsabilités de nos élus. Les Municipales sont au contraire l’occasion d’aborder ces questions et de se positionner.

Nous ne gagnerons pas Paris en répétant les erreurs des dernières législatives où l’impréparation (liée à l’investiture tardive des candidats) et la banalité du programme (vis-à-vis de celui du PS notamment) ont été nos deux principaux adversaires. Si nous voulons faire mieux, il faut que les listes et le programme soient déterminés le plus tôt possible. A mon sens attendre janvier c’est quasi-suicidaire : les autres partis ont déjà aujourd’hui toutes leurs têtes de liste de tous les arrondissements. Ils écument les marchés. Ainsi localement comme médiatiquement, le MoDem n’existe pas encore. Pire, il prend du retard sur les prochaines échéances…

Alors que faire pour gagner ?

Outre le fait qu’il nous faille au plus vite des candidats, nous ne gagnerons que si nous pouvons proposer une VISION. C'est-à-dire un projet global et à long terme, basé sur une dizaine de propositions simples et compréhensibles, dont quelques une légèrement provocatrices. Il ne faut donc pas faire un projet crédible et laborieux pour la prochaine mandature, mais un projet médiatique et mobilisateur pour les 20 ans à venir. Surtout un projet original et innovant.

C’est ce que j’ai déjà essayé d’ébaucher dans Paris, ville nouvelle en présentant d’abord quelques valeurs (densifier et rééquilibrer Paris / passer du logement social au loyer social / créer un XXIème arrondissement vert / Résoudre les problèmes de la banlieue par le Grand Paris / une véritable démocratie locale) puis en présentant des idées concrètes d’application de ces valeurs (le Grand Paris jusqu’aux frontières de la Région / une ville verte dans le bois de Boulogne / des agences municipales d’emploi à domicile ou de la qualité de vie / des referendums de projets). Je ne défends pas ici ces idées, qui sont personnelles et partielles, mais la méthode et l’objectif qui, eux, me semblent indispensables et urgents.

Alors construisons ensemble, au gré du blog de projet, des travaux de section, de toutes nos rencontres informelles, une vision nouvelle de Paris. N’ayons pas peur de provoquer, c’est ainsi que l’on débattra entre nous et que l’on existera dans les média. N’ayons pas peur de proposer des idées audacieuses et originales. Nous pouvons créer une ville nouvelle, c’est d’ailleurs l’ambition du MoDem : le renouvellement face aux deux conservatismes qu’incarnent la gauche et la droite !