08 octobre 2007
Entre prévention et répression : une sécurité routière implacable
Les études de sécurité routière montrent que la vitesse excessive est responsable d'un mort sur trois sur la route. Il semblerait également que cette attitude soit à tel point génératrice de surconsommations énergétiques, que les groupes de réflexion sur le Grenelle de l’Environnement aient proposé de réduire les vitesses maximales autorisées. Avant d’en arriver à de telles mesures, il serait d’abord raisonnable de faire en sorte que les limites actuelles soient strictement appliquées.
Or aujourd’hui, la répression de la vitesse par des contrôles aléatoires ou des radars fixes peut aisément être contournée par la ruse ou par la chance. Le seul fait qu’il soit possible d’échapper à la sanction relativise complètement son caractère préventif : la majorité des conducteur, à commencer par moi, sont ainsi amenés à jouer avec les limites. Cette attitude est renforcée par le caractère non dissuasif (68€ !) des amendes pour les excès de vitesses inférieurs à 20 km/h.
Pour être efficace la répression et la prévention devraient plutôt être systématique. C'est-à-dire que le contrevenant éventuel ait la certitude que toute attitude dangereuse sera sanctionnée. Le conducteur lambda, ayant aujourd’hui une relation quasi-ludique avec l’aléatoire de la sanction, se modèrera alors immédiatement. En rendant la sanction systématique, la prévention deviendra la règle et la répression anecdotique, puisque le fait d’un comportement librement consenti.
Pour résumer ce principe: "Une sanction aléatoire, c'est de la répression - Une sanction systématique, c'est de la prévention".
Aujourd’hui la technologie est prête pour cette évolution. Prenons un exemple : sur beaucoup d’autoroutes, on prend un ticket en entrant et on paye avec ce ticket à la sortie. Il suffirait que l'automate compare le temps entre ces deux opérations (déduction faite du temps de pause nécessaire à la sécurité) à la vitesse moyenne admissible entre ces deux points, pour que la contravention dissuasive soit calculée et émise immédiatement, avec le prix du péage. Autre exemple sur le même principe : sur le boulevard périphérique parisien ou les autoroutes franciliennes, la mise en place d’un réseau de radars fixes scannant les plaques minéralogiques à toutes les entrées et sorties (68 sur le périphérique) et comparant ainsi le temps passé sur le tronçon avec le temps minimum admissible calculé sur la base des vitesses autorisées, mettrait un terme immédiat à ces attitudes dangereuses.
Ce système a cependant deux limites :
- Il repose sur la vitesse moyenne, ce qui permettrait théoriquement des pointes de vitesses après un embouteillage.
- Il ne peut être mis en œuvre que sur les voies ayant un nombre réduit d’entrées et de sorties, c'est-à-dire les autoroutes.
Mais ce dispositif ouvrirait également des perspectives nouvelles. Il a été montré (sur la base de modèles théoriques de mécanique des fluides) que la régulation des vitesses en cas de fort trafic automobile permettait de réduire les bouchons. En effet cette régulation (à la baisse) conduit à une uniformisation des vitesses individuelles dans le flux des véhicules et donc à la réduction des dépassements et des freinages qui perturbent la fluidité du trafic. De telles régulations ont déjà été testées, notamment sur l’autoroute A7 lors des vacances. Mais en raison des attitudes individuelles, ces régulations sont peu efficaces, voire contre-productives, car elles exacerbent le différentiel de vitesse entre conducteurs responsables et conducteurs pressés. Or, avec la méthode de régulation systématique des vitesses proposées ici, ces régulations (et celle décidées lors des pics de pollution) pourraient véritablement être mises en œuvre. Les embouteillages et la pollution seraient donc réduits.
Une expérimentation sur un tronçon d’autoroute ou sur le périphérique pourrait permettre de valider la pertinence et l’efficacité de ce système en analysant l’évolution de l’accidentologie et la fluidité du trafic après sa mise en œuvre.
18:55 Publié dans Politique (France & Europe) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Voiture, Vitesse, Sécurité, Radar
03 juillet 2007
Contre la pollution : de grands tunnels urbains filtrés
J'ai commencé à developper ici une réflexion sur la place de la voiture en ville : l'avenir de la voiture urbaine.
Le point principal de l'aboutissement de cette réflexion est la nécessité de modifier la place de la voiture en developpant un grand réseau de tunnels.
L'objectif de ces ouvrages est triple:
- réduire la pollution en filtrant l'air des voies de circulation.
- réduire les bouchons en créant des voies nouvelles. (A noter que la réduction des bouchons contribue également beaucoup à la réduction de la pollution).- rendre de la surface propre à la ville (à la place des autoroutes urbains actuelles) afin de lui permettre de nouveaux projets.
Dans le cas de Paris, voici à gauche le developpement progressif de ce réseau. La mise en oeuvre de ce projet permettra :
- dès la première étape, de réduire les bouchons et la pollution sur le réseaux existant- à partir de la deuxième étape de supprimer les voies sur berge (Georges Pompidou)
21:30 Publié dans Ville (Paris) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Tunnels, Circulation, Transport, Voiture, Pollution
01 juillet 2007
L'avenir de la voiture urbaine
Ce qui pose problème chaque jour à l’habitant des villes, ce n’est pas la voiture, mais la pollution et les bouchons.
La voiture, elle, est un instrument de liberté, de confort et le moyen de transport le plus efficace pour aller directement d’un point à un autre. Le principe même de véhicule individuel (voiture ou 2 roues) doit donc être encouragé car il correspond à un besoin réel et à une vraie efficacité.
Les solutions actuelles, préconisant de supprimer la cause visible (la voiture) pour supprimer les conséquences (pollution et bouchon), ne contribuent pas à renforcer la qualité de vie des habitants, au contraire :
- premièrement parce que la stratégie de créer des bouchons pour dissuader les utilisateurs de voiture est un gâchis économique et familial majeur : elle est colossale, la somme de temps perdu par tout le monde dans les bouchons. Ce temps serait largement mieux valorisé au travail ou chez soi,
- deuxièmement parce que dévier des flux des véhicules individuels vers des transports collectifs déjà surchargés ou mal adaptés en terme de desserte dégrade encore les conditions de vie des gens en leurs faisant passer encore plus de temps dans des transports encore moins confortables,
- troisièmement parce que dissuader les gens de prendre leur voiture en réduisant l’offre de parking, comme c’est le cas à Paris, conduit là encore, à faire perdre du temps et à circuler davantage à la recherche d’une précieuse place, etc…
- quatrièmement enfin et surtout, parce que les bouchons sont une source majeure de pollution : créer des bouchons qui polluent afin de réduire la pollution par la réduction du nombre de voitures est à court et moyen terme incohérent. Cette politique est donc contre-productive.
C’est par ce que les causes réelles des bouchons et de la pollution, ne sont pas correctement identifiées. Pour moi la cause n’est pas simpliste, et la voiture n’en sera pas la victime expiatoire. Les causes réelles, et celles sur lesquelles il faudra agir, sont les causes intermédiaires suivantes :
- Le moteur à explosion pour réduire la pollution
- L’adaptation du réseau routier pour réduire les bouchons
Réduire la pollution :
Souvenons-nous : dans les années 80, la consommation moyenne des voitures dépassait largement les 12 litres / 100 km. Vingt ans après, on en est à 3 fois moins : les moteurs se sont largement améliorés et des solutions hybrides existent et marchent très bien (je le sais j’en ai une). Il ne fait aucun doute, vu l’ampleur de la demande et des développements technologiques, que la question de la pollution automobile sera marginalisée d’ici quelques années. Toutes les mesures qui permettent d’encourager et d’amplifier ce mouvement sont bienvenues. Mais le risque de la politique actuelle c’est de réussir à éliminer à terme l’automobile en même temps que celle-ci sera devenue propre, c'est-à-dire avoir sérieusement dégradé le confort sans raisons objectives. Il nous faut une politique efficace à long terme.
Les mesures permettant de réduire la pollution pourraient être les suivantes :
- La dissuasion financière progressive des véhicules les plus polluants : vignette municipale, péage urbain, subventions aux véhicules propres
- Mise en place d’une politique d’achat très volontariste concernant les véhicules municipaux, les bus et les taxis.
- La réduction des bouchons, qui concourent largement à la pollution, en optimisant le temps de fonctionnement des voitures : voir ci-dessous les mesures proposées pour améliorer.
- Le développement d’un réseau de tunnels automobiles urbains, dans lesquels l’air serait filtré ; toutes les particules et gaz nocifs seraient ainsi captés et éliminés de l’atmosphère urbaine.
Réduire les bouchons :
Les mesures permettant de réduire les bouchons pourraient être les suivantes :
- Densifier le cœur urbain et limiter l’étalement.
- Interdire la circulation des camions et camionnettes de livraison aux heures de pointe (07:30-09:30 et 17:30-19:30).
- Cela leur laisse 8 heures de travail dans la journée et ils pourraient charger et décharger en dehors de ces horaires.
- Doubler l’offre de taxi et diminuer les prix par 2. (je développerai ce point dans une prochaine note).
- Créer des tunnels urbains (je développerai ce point dans une prochaine note). En effet, les flux de déplacement à l’échelle intercommunale n’ont pas leur place à l’intérieur de la ville et génère la part la plus importante de bouchon et de pollution. Un réseau spécifique nouveau devrait donc voir le jour.
- Transférer les parkings de surface vers des parkings sous-terrain. Optimiser l’offre de parking en rendant tous les parkings publics (je développerai ce point dans une prochaine note).
- Développer la gestion des flux : il faut renforcer tous les dispositifs permettant là où les encombrements sont quotidiens et réguliers de mettre en place une fluidification du trafic.
En conclusion, je crois en l’avenir de la voiture, mais elle n’a plus sa place en ville. Sa place est dessous : pour circuler et pour se stationner.
16:05 Publié dans Ville (Paris) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ville, paris, circulation, voiture, pollution, bouchons
