11 février 2008

Municipales à Paris : comparatif des programmes

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Après avoir entrepris un comparatif détaillé des différents programmes pour les municipales à Paris, j'ai découvert un excellent document déjà proposé sur le site des Verts dans le 12ème.

Voici ce document : Comparatif des programmes parisiens.

 

 

Après vérification, ce comparatif est fidèle aux textes de chacune des 4 familles politiques parisiennes : 

 

Sur la forme, ces documents de programmes sont bien différents : plus de soixante-dix pages et 300 mesures pour les projets PS et MoDem, alors que les Verts présentent 50 mesures en huit pages et l'UMP 75 propositions sur seize pages. Il y en a qui ont plus travaillé que d'autres... Toujours est-il que cette différence notable rend la comparaison un peu délicate en raison des différences d'échelle.

Sur le fond, à l'exception du programme des Verts, ces projets sont très proches : couverture du périphérique, construction de 40.000 logements, auto'lib ou scooter'lib, mise en valeur des berges de la Seine, éco-construction, 4 à 6.000 logements étudiants, coulée verte sur la Petite Ceinture, plus de 4000 places de crèche, davantage de pouvoir aux maires d'arrondissements et développement de la  video-surveillance ... 

Ainsi, parmi les 75 propositions de Françoise de Panafieu, 52 se retrouvent dans le programme du MoDem ! La proportion est relativement la même avec le projet de Delanoë. Objectivement, et sur la seule base des programmes, le MoDem a donc le choix dans son éventuelle alliance. 

Cette analyse confirme sur le fond le credo du MoDem et de Marielle de Sarnez: il n'est plus possible de gouverner la ville droite contre gauche. Il faut gouverner ensemble.

 

Je reviendrai ultérieurement sur deux points:

  • Le Grand-Paris-Métropole, qui est le véritable enjeu des années à venir, mais qui est volontairement éludé par des candidats qui considèrent ce projet comme difficilement "vendable" aux Parisiens.
  • La fiscalité, dont le projet du MoDem m'interroge.

21 janvier 2008

Conseil National du MoDem, petite fierté

Comme un chansonnier au pied au de la scène, je vois avec fierté triompher aux élections internes du MoDem la liste francilienne dont j'ai composé le programme. C’est une grande joie que de voir ces idées exigeantes partagées par la majorité (encore relative) des adhérents d'Ile de France. Et ce n’est qu’un début …

Voici ce programme qui nous engage : 

1. Projet.

Nous nous reconnaissons dans les Chartes et dans le projet de société exprimé depuis un an par François Bayrou, Corinne Lepage, Quitterie Delmas et nos instances provisoires. Nous accompagnerons et participerons activement à l’expression toujours plus précise et pertinente de ce projet. Nous considérons également, qu’au-delà de la personnalité de François Bayrou et malgré nos parcours différents, ce qui nous a rassemblés au Mouvement Démocrate, c’est avant tout une soif immense de démocratie. C’est cette démocratie, que nous voulons construire par notre action au Conseil National, car elle s’incarnera d’abord en interne.

 

2. Rassemblement.

Nous appelons à l’intégration réciproque des différentes sensibilités qui ont constitué notre mouvement. Notre initiative se veut représentative de cette diversité et respectueuse des minorités.

 

3. Démocratie interne.

Nous souhaitons promouvoir une démocratie interne dynamique et efficace. Dynamique, parce qu’à chaque fois que cela sera matériellement possible, et ça le sera, les militants seront préalablement consultés par un vote, et pas seulement pour les investitures. Efficace, parce que nous reconnaissons au final la responsabilité des instances élues pour faire un choix éclairé et motivé. Nous nous engageons donc à promouvoir le processus suivant :

  • Que les militants soient consultés après un débat interne - c'est la démocratie.
  • Mais qu'in fine ce soient les instances élues qui tranchent, car certains enjeux, notamment médiatiques et stratégiques peuvent dépasser les choix locaux des militants - c'est l’efficacité.
  • Que ces instances justifient, argumentent et assument leur choix - c'est la transparence.
  • Que les militants acceptent définitivement ces décisions, sans les contester autrement que lors de la réélection suivante des instances - c’est la responsabilité.

C’est cet équilibre entre démocratie interne et efficacité que nous construirons avec tous les adhérents. Cette exigence devrait donc nous conduire à une très grande responsabilisation personnelle des militants et des dirigeants.

 

4. Responsabilité sociétale.

À l’instar de la démocratie, nous considérons que le développement durable se construira d’abord en interne si nous voulons être crédibles devant les Français. Les actions du Mouvement devront donc promouvoir activement ces principes : privilégier le train, le travail à distance, les buffets issus de l’agriculture biologique et équitable, le recyclage, etc… Conscient de sa propre responsabilité sociétale, le Mouvement Démocrate s'engagera à rendre compte annuellement de ses démarches (internes et externes) en faveur de la protection de l'environnement et du développement social, dans le respect des principes de précaution, de prévention, de démocratie participative et de transparence. Dans ce cadre, nous souhaitons construire une Europe citoyenne.

 

5. Expression.

Pour tous les scrutins internes, nous nous engageons à promouvoir :

  • Le vote par correspondance ou procuration afin de permettre l’expression sans contrainte de disponibilité.
  • La reconnaissance du vote blanc à chaque fois qu’il y aura deux projets à choisir. Cette modalité permet d’apporter un message lisible aux instances en charge de la décision finale, tout en limitant l’abstention.
  • Le vote de valeur lorsqu’il y a plus de deux projets en présence. Ce vote, en classant les propositions ou les candidats, permet de faire émerger un choix consensuel et constructif.

 

6. Service et formation.

Nous considérons qu’en dehors des périodes électorales, l’objectif du Mouvement vis-à-vis de ses militants est de les former à l’action et à la conscience politique, et également d’organiser le débat afin de préparer très en amont les différentes échéances. Nous voulons construire un Mouvement d’adhérents actifs : les compétences des militants doivent être identifiées et valorisées au sein du mouvement : un annuaire des compétences sera proposé. Des formations pratiques auprès des élus et responsables seront organisées. L’université du MoDem sera donc mise en œuvre. Elle commencera par la formation à l’écologie responsable.

 

7. Transparence.

Faire de la politique autrement signifie pour nous être exemplaires et transparents. Nous voulons donc relever le défi de voir s’épanouir notre mouvement sans rien cacher de nos échanges, car nous sommes le parti du débat loyal et respectueux. Nous souhaitons donc promouvoir l’ouverture la plus large des réunions, des comptes-rendus et des convocations. L’information, loyale et transparente, est donc au cœur de notre projet.

 

8. Exemplarité.

Au-delà de la Charte Ethique, et dans le respect des sensibilités différentes, nous souhaitons par notre engagement être véritablement exemplaires dans notre comportement politique. Aussi nous nous engageons personnellement à nous appliquer le non-cumul des mandats publics, à rejeter tout dénigrement individuel et à ne jamais critiquer un projet sans proposer immédiatement une vision alternative. C’est en commençant d’abord par nous-même que nous porterons l’exigence de la haute qualité démocratique que nous souhaitons développer tant en interne qu’en externe.

 

9. Mutualisation.

Pour pallier à notre peu de moyens financiers, nous mutualiserons les outils de campagne, les séances de formation, les bonnes idées et les bonnes adresses de fournisseurs.

 

10. Solidarité.

Nous croyons qu’être Démocrate c’est être solidaire jusque dans notre parti : les frais et cotisations des adhérents doivent donc être modulés en fonction de leurs ressources. Une assistance juridique devrait également être mise en place pour les adhérents, candidats et élus. Enfin, les fonds du Mouvement devraient être placés dans un établissement bancaire exemplaire en termes de développement équitable et durable.

04 janvier 2008

Philosophie du projet Démocrate


Le projet Démocrate est une vision de la société radicalement différente de la proposition Socialiste et de la proposition Conservatrice. Ce projet n’est pas une synthèse centriste de ces propositions, comme beaucoup le croient. François Bayrou a posé les grandes lignes de cette conception de notre Civilisation dans un bel article de la revue Commentaire. C’est un texte dense (9 pages) qui est indispensable à la compréhension des évolutions récentes de la politique française, car cette dynamique dépasse largement le cadre du seul Mouvement Démocrate et elle a déjà été esquissée dans le domaine du Développement Durable.

Je voudrais approfondir ici la doctrine de ce projet.

Tout d’abord, un diagnostic. Les philosophies politiques actuelles - de gauche comme de droite - reposent sur l’hypothèse rousseauiste du contrat social : l’intérêt général procéderait naturellement de la somme des intérêts particuliers de chacun des membres de la société. Cette conception serait encore valable si chaque individu n’avait qu’un seul intérêt particulier. Or, ce n’est plus le cas.

C’est la crise des intérêts particuliers qui est à l’origine de la crise politique et morale actuelle.

En effet, la difficulté des propositions politiques actuelles réside dans le fait qu’elles se trouvent confrontées à des incohérences majeures entre chacune des trois facettes des individus auxquels elles s’adressent : au citoyen, au consommateur et au travailleur. Chacun de ces termes est ici présenté au sens large :
  • Je suis un citoyen, je suis un « régulateur » : un acteur social et politique, qui interagit avec ses semblables. J’aspire à la liberté et à la vie en communauté.
  • Je suis un travailleur, je produis de « l’offre » que je sois salarié, indépendant ou entrepreneur. Cette activité, par ses revenus, détermine mon niveau de vie.
  • Je suis un consommateur, je suis « la demande ». Cette activité, par l’utilisation de mes revenus, détermine mon mode de vie.

Du temps de Rousseau et de celui encore récent de la vie à la campagne, il était possible à chacun d’établir une cohérence entre ces trois natures. Au temps des usines cette convergence était encore palpable pour le prolétariat : elle a fait la réussite des thèses communistes.

Mais aujourd’hui, chacune de ces facettes qui nous compose est plus ou moins en conflit d’intérêts avec les autres. Ainsi par exemple :
  • En tant que consommateur, je préfère les produits les moins chers – délocalisés - au risque de ma santé d’homme, de mon activité de travailleur ou à l’encontre de ma conscience de citoyen.
  • En tant que travailleur je souhaite davantage de revenus, quand bien même ce revenu augmenterait les prix, et donc annulerait mon intérêt de consommateur. Alors le citoyen que je suis vote pour le parti qui lui promettra davantage de pouvoir d’achat à court terme soit par une hausse des salaires, soit par une baisse des impôts.
Nous sommes ainsi tous les témoins et les victimes quotidiennes de ces incohérences et d’un monde que nous ne comprenons plus.

Et ce sont des organisations différentes – partis politiques, syndicats et associations ou labels de consommateurs – qui sont chargées de défendre ces différents intérêts. Mais, ces organisations revendiquent chacune leur indépendance alors que ces problématiques se trouvent indiscutablement liées en nous. Ces organisations n’apportent donc pas de vision cohérente. Le résultat c’est la désaffection et l’ironie vis-à-vis de la politique, la décrédibilisation du syndicalisme et la faiblesse des associations de consommateurs. Fleurissent alors des utopies réconciliatrices comme la vision de l’extrême gauche ou le fondamentalisme religieux.

Le réflexe classique est alors de se tourner vers l’Etat et d’attendre de lui qu’il résolve ce problème. Mais les partis politiques, de gauche et de droite, sont, comme je l’ai montré, impuissants à régler durablement ces questions puisque complices du problème.

Comment résoudre alors ce conflit d’intérêts qui mine nos sociétés et nos consciences ?
   
Il faut alors changer radicalement de concept philosophique : la somme des intérêts particuliers n’incarne plus l’intérêt général. Ce serait plutôt l’intérêt général qui unifierait nos intérêts particuliers. Ce retournement de conception, où l’intérêt général prime et détermine notre intérêt particulier, est la première révolution du projet qui se nomme aujourd’hui Démocrate ou Durable.

Mais ce projet porte également une seconde révolution, toute aussi essentielle.

D’autres théories politiques ont déjà essayé de proposer cette primauté de l’intérêt général. Elles ont généralement conduit à des totalitarismes, où l’individu était sommé de renoncer à sa liberté afin de subir, pour son bonheur, l’intérêt dit général. Notre projet est radicalement différent : il a fait son deuil d’imposer aux autres le bonheur. Il ne recherche que l’établissement d’un cadre épanouissant qui, en toute liberté, permette de concilier nos différentes aspirations a priori contradictoires.

Notre projet ne vise donc pas l’établissement de l’intérêt général par l’Etat ou par une forme quelconque d’organisation, mais par l’individu qui décide en premier lieu d’être exemplaire. C’est la seconde révolution.

C’est donc l’individu qui va confronter ses aspirations de consommateur, de travailleur et de citoyen à un intérêt général supérieur afin de modérer ou d’encourager certaines de ses aspirations et agir. Agir de façon responsable et autonome. Agir sans attendre l’Etat et la société, agir sans contester systématiquement, mais plutôt en commençant par être soi-même exemplaire. C’est toute l’aspiration au Développement Durable qui est ainsi expliquée par cette vision Démocrate de la politique.

En effet, ne rien attendre en premier lieu de l’Etat n’exclut pas l’action politique, au contraire. L’individu reconnaît que tous les moyens sont pertinents pour concilier ses intérêts, et l’action politique citoyenne en est une. Elle est même un devoir, car le renoncement individuel à une action politique est un des symptômes de la crise des conflits d’intérêts identifiée au départ. L’Etat, au lieu d’être un recours ou un garant, devient alors pour le citoyen un moyen, parmi d’autres, pour mettre en œuvre sa conception du monde.

Ainsi, le citoyen, le consommateur et le travailleur, enfin réunis et cohérents, trouveront dans cette règle de vie privilégiant l’intérêt général un cadre épanouissant.

Enfin, comment définir cet intérêt général supérieur ? Pour rester cohérent avec cette philosophie, il n’est pas raisonnable d’en donner une définition globale et définitive. C’est à chacun de le faire en conscience. Cependant l’intérêt général, c’est bien souvent de dépasser sa vision locale et court-termiste. C'est-à-dire de changer d’échelle en envisageant les questions dans un cadre géographique et temporel universel : à l’échelle du monde et à l’échelle des générations passées et futures. De là découlera la satisfaction de nos propres intérêts.

Le projet Démocrate, traduction politique du Développement Durable, se revendique donc de cette double révolution. Celle qui remet l’individu libre, responsable et exemplaire au cœur de la démocratie.

31 décembre 2007

Marielle 2.0

 
7e656fc7159fbde645c3c5c639ce1eb1.jpgComme beaucoup de MoDem parisiens, je trépigne. Tel un taureau à la porte de l’arène, je gratte le sol, prêt à jaillir. Comme une Formule 1 au départ, je suis à fond sur les pédales d’accélérateur et de frein. J’ai hâte d’entrer en campagne !

Cette attente en a déjà lassé certains : attirés par d’autres sirènes ou fatigués des guéguerres internes nées d’une trop longue incertitude. Cette situation perdurera dans les premiers jours de janvier jusque la sortie du livre de Marielle de Sarnez et les premières investitures. Alors, plutôt que de critiquer ou d’encenser vainement pour meubler mon impatience, je poursuis ma réflexion sur la campagne à venir. Après une note sur la nécessité d’une vision, voici donc quelques propositions pour (re)lancer notre campagne. J’appelle ces propositions « Marielle 2.0 » ou la nouvelle version d’une campagne dynamique et efficace.

Dans tous les cas notre projet municipal sera caractérisé par son réalisme, son équilibre et son sérieux, car c’est cela l’ambition du MoDem. Nous savons que les problématiques sont complexes et que nous devrons faire preuve d’une très grande responsabilité. Cependant ces arguments ne sont pas vraiment porteurs dans le contexte d’une campagne électorale. Il faut donc faire des choix un peu simplificateurs et mettre en évidence quelques traits mobilisateurs : trois projets indispensables, trois idées chocs, trois cibles électorales et un slogan.
 
 
Trois projets non négociables – nos valeurs locales.
 
Nous ne sommes pas encore bien clairs sur notre stratégie d’alliance, et ce flou nous nuit. Le peuple de Paris sait que, même si nous portons un programme cohérent, nous devrons nous allier quoi qu’il arrive. Il aura donc du mal, en raison de la particularité du mécanisme de la fusion des listes, à nous soutenir au premier tour, sans connaître notre position pour le second tour. De notre côté, nous devons rester indépendants afin d’assurer notre crédibilité. Alors, comment résoudre ce paradoxe ? La seule solution efficace est d’afficher dès maintenant les projets qui nous semblent indispensables et sur lesquels nous ne transigerons pas en nous associant. Nous pourrions par exemple retenir les 3 valeurs suivantes :
  • Qualité de vie - clin d’œil à droite - : propreté, sécurité, lutte contre les nuisances du quotidien (bruits, encombrement des trottoirs et autres incivilités…). Dans nos propositions et dans nos comportements d’élus, nous devons nous engager à être en première ligne sur ces sujets qui ont un impact direct sur la vie de nos électeurs. La qualité de vie que nous proposons est également imprégnée d’écologie urbaine responsable sans être idéologique.
  • Mixité - clin d’œil à gauche - : c’est la vision d’une ville équilibrée et homogène tant dans sa sociologie que dans son activité économique que nous voulons bâtir. La ville du MoDem est une ville de villages : toutes les catégories d’habitants s’y épanouissent côte à côte. Notre labeur sera de corriger les déséquilibres.
  • Démocratie - notre touche Démocrate - : au-delà des considérations institutionnelles, nous devons proposer aux Parisiens une vie démocratique plus active et responsable. Les grands choix déterminants pour leur avenir, en matière d’urbanisme ou de transports notamment, devraient leur être mis entre les mains, par des referendums de projets. Une démocratie plus directe et plus lisible est possible.
Ce ne sont pas des valeurs très originales, mais elles sont fédératrices. L’originalité, nous la construirons sur des idées chocs.
 

Trois idées chocs et médiatiques
 
Nous avons la chance, unique en France, d’être à Paris dans une élection médiatique. Mais, les médias résument déjà la bataille électorale à un duel gauche / droite – Delanoë / Panafieu. C’est évident qu’avec les 7 % d’intentions de votes dont les sondages créditent Marielle 1.0, nous resterons à la marge de cette bataille, tout juste bons à jouer le jeu des reports de voix. Pour en sortir, il nous faut donc créer du buzz afin d’enclencher une dynamique médiatique et nous imposer dans ce duo. Sur tous les principaux thèmes de la campagne – transport, logements, écologie urbaine – une proposition du MoDem de Marielle doit être systématiquement évoquées par les journalistes. Et pour cela, ces propositions doivent être innovantes et exceptionnelles, un peu dérangeantes au premier abord, afin d’attirer l’attention.

Car, au fond il n’y a pas vraiment de politique municipale de gauche ou de droite, les programmes sont très voisins. Il n’y a souvent que des postures électorales. Et nous devons en prendre également pour exister. Alors, plutôt que de laisser à d’autres le soin de nous caractériser ou caricaturer (MouDem), nous devrions garder l’initiative en créant nous-même des symboles forts pour notre campagne. Et autant faire en sorte qu’ils soient signifiants. Ils n’ont donc pas nécessairement besoin d’être réalistes : ce sont des symboles. Et ce sont les symboles qui font la différence en politique.

Voici ceux que je propose :
  • Plus d’impôts pour plus de services après un referendum. Cette proposition peut sembler suicidaire, elle est en fait éminemment responsable et courageuse, comme j’ai essayé de le montrer ici. Il faut oser dire que les impôts locaux sont plutôt modérés à Paris et laissent un potentiel fiscal qui permettrait de mettre en œuvre tous les services qu’attendent nos concitoyens, notamment en matière de transports ou de solidarité. Moins d’impôts c’est plus de dettes ou moins de services. Le statu quo à la Delanoë – reposant sur des astuces comme pour Velib’ ou sur la conjoncture immobilière des droits de mutations - n’est pas durable. La ville MoDem est durable et démocratique : nos projets seront financés par les citoyens, qui les auront librement consentis après avoir été consultés.
  • Une ville verte dans le bois de Boulogne. J’ai déjà développé cette idée étonnante. C’est une proposition qui illustre merveilleusement ce concept d’idée choc, car le Nouvel Obs en a même fait état. Cette proposition permet d’aborder de nombreux sujets : la mixité, l’urbanisme, la densité, le développement durable, le logement, etc… C’est sans doute une idée que nous ne mettrons pas en œuvre dans une politique municipale de compromis, mais elle permet de susciter l’intérêt de tous - le débat - et nous permet d’exister en promouvant nos valeurs.
  • Une agence indépendante de la qualité de vie urbaine. La transparence de l’information est une condition indispensable à une démocratie épanouie. Nous devons donc continuer à défendre cette valeur jusque dans notre action locale. Or, les questions de qualité de vie - des embouteillages aux maladies urbaines en passant par  l’information des citoyens - sont encore abordées de façons diffuses et caricaturales auprès de nos concitoyens. Alors que c’est de leur vie même qu’il s’agit. Nous devrions donc développer sur ces sujets, non un message de solutions toutes prêtes et quasi-idéologiques, mais la volonté d’une démarche et d’une méthode auxquels tous, associations de consommateurs, de citoyens, syndicats et opposition municipale, seraient associés.  

Pour être porteuses, ces idées doivent être revendiquées médiatiquement par notre candidate, et surtout par les militants sur le terrain ou les marchés. Ils auront auparavant été formés et seront prêts à débattre sur ces sujets qui  susciteront les discutions et nous ferons émerger de la masse électorale.



Trois cibles électorales
 
Même si notre discours et notre programme s’adressent à tous les Parisiens, la recherche d’une efficacité électorale nous impose de cibler précisément l’électorat que nous voulons séduire.
  • Etant donnée la qualité perçue du bilan de Bertrand Delanoë, il ne semble pas pertinent d’essayer de récupérer des électeurs fidèles à la gauche. Mais il ne faut surtout pas se les aliéner, afin de laisser la porte ouverte au soir du premier tour.
  • Notre base de 12% aux législatives 2007. Ces électeurs sont assoiffés de démocratie. Ils sont prêts à continuer à nous suivre si nous continuons à défendre une vision constructive et réformatrice.
  • Les 20% d’électeurs de François Bayrou : ils souhaitent une alternative à l’alternance, c'est-à-dire un discours responsable sans promesses illusoires.
  • Jusqu'à 30% avec les électeurs de droite qui trouvent que le dynamisme de Delanoë (hors les Verts) reste préférable au bilan antérieur du système opaque et somnolent de leur famille politique, mais qui auront du mal à voter à gauche. A ceux-là nous dirons que nous pouvons « faire mieux ».
 
Notre slogan
 
Une devise constructive et engageante :

Faire Nettement Mieux
Fluctuat Nec Mergitur
 
 
 
 
Objectivement, nous n’atteindrons pas encore les 30% à ces élections, mais il nous est indispensable de dépasser rapidement les 10% sous lesquels nous stagnons dans les sondages. La brève analyse électorale ci-dessous montre que notre électorat n’attend qu’une chose pour se re-mobiliser : une dynamique semblable à la Présidentielle, une Marielle 2.0 !

26 novembre 2007

Candidat à l'investiture dans le 13ème

 

(Mise à jour du 10 janvier 2007 : C'est finalement Eric Azières et Danièle Auffray qui ont été désignés par le Mouvement Démocrate) 

Je suis candidat à l'investiture comme tête de liste du Mouvement Démocrate dans le 13ème arrondissement de Paris afin de porter quatre projets :

  • Pour les Parisiens afin de défendre une vision innovante, dynamique et solidaire de leur cité. C'est ce que j'ai notamment essayé d'esquisser par le projet Paris, ville nouvelle. Ce document est une contribution complémentaire au travail formidable et pragmatique des Groupes de Projets. Depuis  plusieurs mois que je défends et débats de ces propositions, j'ai pu modérer certains points un peu trop avant-gardistes ou provocateurs (les tunnels ou les tours), mais mes convictions restent les mêmes : proposer une réelle rénovation de la démocratie locale par des référendums de projets, construire un Grand Paris à l'échelle des enjeux communs à tous les Franciliens et agir concrètement pour le logement. Toutes ces réflexions s'inscrivent évidemment dans le programme de Marielle de Sarnez que nous sommes en train de construire.
  •  Pour les habitants du 13ème et l'amélioration leur qualité de vie. Le MoDem doit localement, à chaque détour de quartier, proposer comment « faire mieux ». Je veux porter dans le 13ème l'ambition d'une mixité urbaine réussie et épanouie : c'est-à-dire qui traite le logement indigne, qui renouvelle les quartiers défavorisés, qui accueille de nouvelles activités et qui améliore l'efficacité des différents modes de transport. Pour rendre attractif et revaloriser notre arrondissement, il nous faudrait également davantage d'espaces verts et nous mobiliser contre toutes les nuisances du quotidien qui perturbent la vie de chacun et d'abord celle des plus faibles. J'ai déjà commencé à proposer des idées concrètes, mais, ce sont les projets de quartier, en cours d'élaboration, qui traceront la ligne directrice de chacune de ses actions.
  • Pour les militants du 13ème, parce que je souhaite le rassemblement d'une section encore profondément divisée par l'héritage du découpage électoral des élections législatives. Nous devons maintenant nous retrouver pour construire ensemble un projet commun : il faudra bâtir une liste paritaire respectant l'équilibre entre les différents quartiers et nos différentes sensibilités. Il faudra surtout rassembler les énergies et les compétences dont nous disposons et qui n'ont pas encore suffisamment été valorisées et mises en avant. Il faudra enfin, et je m'y engage, reprendre une vie section active et dynamique. C'est-à-dire une section qui accueille enfin les nouveaux adhérents, qui forme ses militants, qui prépare très en amont les différentes échéances et qui stimule le débat dans la démocratie interne.
  • Pour le projet du MoDem porté par Marielle de Sarnez. Nous ne pouvons que saluer la démarche mise en place pour construire notre premier programme : d'abord les Groupes de Projet, puis le blog, et enfin l'expression à venir d'une vision ambitieuse pour notre ville. Parce que je crois vraiment à nos valeurs, j'ai commencé à contribuer à l'animation de cette campagne en proposant différentes pistes de réflexions, notamment : 10 propositions nationales pour la campagne du MoDem aux municipales, avoir le courage d'aborder la question d'une hausse des impôts, ou quelle vision pour Paris ? J'interviens également sur le blog de projet, ainsi que pour le pilotage d'une réflexion sur la mise en place d'un programme « Grand Paris » commun à tous les candidats MoDem franciliens.

 

Cette campagne me passionne donc. Je veux la conduire en première ligne, au contact de nos concitoyens, en cohérence avec le projet municipal et dans le rassemblement de l'enthousiasme des adhérents.
 

Même si je souhaite ardemment une consultation préalable des militants, je reconnais par avance le choix que fera le comité d'investitures, et je m'engage le cas échéant à soutenir avec zèle le/la candidat(e) qui aura été désigné. Je suis lucide sur la faiblesse que pourrait constituer mon inexpérience mais, comme beaucoup, je souhaite que soit investie la personnalité la plus charismatique, innovante et rassembleuse.

 

D'autre part si j'étais élu, je m'engage solennellement à respecter les trois engagements suivants :

1.  à ne pas cumuler de mandats électifs, afin d'être pleinement disponible à la tâche confiée par mes concitoyens,

2.  à ne pas occuper la même fonction plus de deux mandats, afin d'assurer le renouvellement régulier de la classe politique,

3.  à publier et justifier mensuellement mes décisions, afin d'assurer une transparence indispensable en démocratie représentative,

Il s'agit là d'engagements personnels et je comprends les candidats qui pourraient faire des choix différents.

 

Enfin, pour ceux qui ne me connaissent pas encore : j'ai 32 ans, je suis né au Nicaragua et j'ai vécu 15 ans en Côte d'Ivoire. Je suis Parisien depuis 8 ans, diplômé des Arts et Métiers dans le 13ème et je travaille actuellement dans une filiale immobilière de la Caisse des Dépôts et Consignations. C'est mon premier engagement politique, il est représentatif de l'élan démocratique qui nous a rassemblé derrière François Bayrou à l'occasion des présidentielles.

 

Je souhaite par cette note être complètement transparent dans ma démarche. J'appelle les autres candidats à l'être également afin que s'instaure entre nous, et devant les adhérents, un débat loyal, constructif et démocratique. Ensemble, construisons la meilleure équipe Démocrate !

28 octobre 2007

Comment gagner les Municipales à Paris ?

e9240f25a7fbcb2d093a1bb1dcd27c2e.jpgAvec la mise en ligne du blog de projet de Marielle de Sarnez, c’est une grande étape vers les Municipales qui vient d’être franchie. Ce blog est le travail admirable et démocratique de tous les militants parisiens du MoDem. L’initiative doit vraiment être saluée.

Nous ne gagnerons pas Paris en proposant plus de crèches, d’espaces verts, de bus ou de couverture sur le périphérique. Nous ne le gagnerons avec ces propositions, car elles sont exactement les mêmes que celles et de la gauche et de la droite. Ces propositions sont donc la base, mais nous ne devons pas nous focaliser dessus.

Nous ne gagnerons pas Paris en proposant des mesures trop techniques (parler d’intercommunalité ou du partage de responsabilités entre mairies d’arrondissements et mairie centrale) ou trop générales (le développement durable, la pollution, la misère). Il est également évident, que nombre de propositions intéressantes pour la ville ne sont pas dans ses compétences actuelles : ainsi des transports collectifs, des taxis, du futur Grand Paris, de la sécurité… Il ne faudrait pas taire ces questions sous prétexte que ce ne sera pas dans les responsabilités de nos élus. Les Municipales sont au contraire l’occasion d’aborder ces questions et de se positionner.

Nous ne gagnerons pas Paris en répétant les erreurs des dernières législatives où l’impréparation (liée à l’investiture tardive des candidats) et la banalité du programme (vis-à-vis de celui du PS notamment) ont été nos deux principaux adversaires. Si nous voulons faire mieux, il faut que les listes et le programme soient déterminés le plus tôt possible. A mon sens attendre janvier c’est quasi-suicidaire : les autres partis ont déjà aujourd’hui toutes leurs têtes de liste de tous les arrondissements. Ils écument les marchés. Ainsi localement comme médiatiquement, le MoDem n’existe pas encore. Pire, il prend du retard sur les prochaines échéances…

Alors que faire pour gagner ?

Outre le fait qu’il nous faille au plus vite des candidats, nous ne gagnerons que si nous pouvons proposer une VISION. C'est-à-dire un projet global et à long terme, basé sur une dizaine de propositions simples et compréhensibles, dont quelques une légèrement provocatrices. Il ne faut donc pas faire un projet crédible et laborieux pour la prochaine mandature, mais un projet médiatique et mobilisateur pour les 20 ans à venir. Surtout un projet original et innovant.

C’est ce que j’ai déjà essayé d’ébaucher dans Paris, ville nouvelle en présentant d’abord quelques valeurs (densifier et rééquilibrer Paris / passer du logement social au loyer social / créer un XXIème arrondissement vert / Résoudre les problèmes de la banlieue par le Grand Paris / une véritable démocratie locale) puis en présentant des idées concrètes d’application de ces valeurs (le Grand Paris jusqu’aux frontières de la Région / une ville verte dans le bois de Boulogne / des agences municipales d’emploi à domicile ou de la qualité de vie / des referendums de projets). Je ne défends pas ici ces idées, qui sont personnelles et partielles, mais la méthode et l’objectif qui, eux, me semblent indispensables et urgents.

Alors construisons ensemble, au gré du blog de projet, des travaux de section, de toutes nos rencontres informelles, une vision nouvelle de Paris. N’ayons pas peur de provoquer, c’est ainsi que l’on débattra entre nous et que l’on existera dans les média. N’ayons pas peur de proposer des idées audacieuses et originales. Nous pouvons créer une ville nouvelle, c’est d’ailleurs l’ambition du MoDem : le renouvellement face aux deux conservatismes qu’incarnent la gauche et la droite !

21 octobre 2007

10 propositions nationales pour la campagne du MoDem aux Municipales

Les futures élections municipales se joueront sur des enjeux locaux. Cependant ces élections générales ont toujours valeurs de tests à l’échelle nationale.  D’autre part, il est vraisemblable que les listes locales du MoDem s’allieront suivant les cas, ou avec la gauche, ou avec la droite. Il apparait donc légitime d’envisager un socle de propositions communes qui nous assurerons une visibilité à l’échelle nationale et une cohérence dans nos alliances : qu’aucun, en interne ou en externe, ne puisse nous accuser de renoncement après une alliance tant que les propositions communes seront maintenues.

Les propositions que j’envisage sont les suivantes (elles sont détaillées dans le document à télécharger ici):

Une ville plus démocratique :
1.    Une intercommunalité à l’échelle de la ville
2.    Des referendums locaux sur les grands enjeux
3.    Revendiquer le droit d’expérimentation

Une ville plus durable et plus équilibrée :
4.    Une politique énergétique municipale responsable
5.    Appliquer réellement la loi SRU
6.    Une agence municipale de veille et d’information sur la qualité de vie

Une ville plus dynamique :
7.    Construire
8.    Tous les services municipaux en ligne
9.    Une agence municipale du travail de proximité


Je ne propose ici que 9 idées sur 10, pour bien signifier que cet exercice n’est qu’une vision personnelle et partielle, à débattre, à modifier et à compléter.
 
 
NOTA : Ces propositions concernent bien sûr les communes urbaines, les communes rurales devraient sans doute faire l’objet de propositions spécifiques.

16 octobre 2007

Candidat à la candidature

4ba5f7b8ca5439cd642b39e3ec44213e.jpgParce que j’ai un projet et que tout le monde au MoDem convient que la démocratie interne serait que le choix des candidats se fasse sur la base de leur projet et de leurs idées. J’ai proposé fin août, le projet « Paris, ville nouvelle ». Ce document est la contribution d’un militant de base adressée aussi bien aux autres militants qu’aux instances de notre mouvement pour participer à l’élaboration de notre programme. Ce document a suscité des réactions passionnées chez tous ceux à qui j’ai pu le présenter et le défendre. Je souhaite maintenant continuer à le promouvoir plus officiellement, en débattre, le nuancer et en intégrer des éléments dans un projet collectif et ambitieux. 


Parce que je respecte le travail d’équipe et que je sais que mon projet n’est qu’une vision personnelle et non exhaustive des enjeux des élections municipales. Tant d’autres compétences sont nécessaires ! Une vision complète et pertinente ne pourra émerger que la pluralité d’une équipe. Je veux apporter ma contribution à cette équipe qui fera la synthèse des propositions et élaborera le programme global. J’ai essayé de participer aux différentes commissions mises en place pour faire émerger ce projet. Ces commissions, par thème/sous-thème et arrondissements/quartiers, sont démocratiques et passionnantes. Elles déboucheront sur des propositions locales, précises et réalistes à court terme, mais peut-être insuffisantes pour faire rêver nos électeurs. Ces deux démarches sont donc complémentaires.


Parce que, pour exister et être visibles médiatiquement, nous devons proposer un programme original et symbolique. Nous ne pouvons pas nous contenter de ne proposer qu’une synthèse centriste entre les idées les plus efficaces de la droite et les idées les plus généreuses de la gauche. Nous devons donc proposer des idées nouvelles et incarner une vision à long terme. C’est ce que je fais dans mon projet et je veux le partager. Les idées que je propose ne sont ni utopistes ni extrêmes, il ne faudrait donc pas lire ce document trop rapidement, ni mal interpréter mon propos : j’ai essayé d’aller au bout de la réflexion sur nos convictions d’équilibre entre le développement durable et le développement économique et de proposer des pistes d’interprétations concrètes pour notre ambition d’une ville saine, solidaire, efficace et épanouissante.  


Parce que je veux travailler et, comme beaucoup, m’investir pour ma communauté et mon environnement local. Dans le foisonnement et le désordre actuel, je n’ai pas encore trouvé ma place dans l’organisation du MoDem. J’ai 31 ans, c’est mon premier engagement politique, il est loyal et sincère. Il est passionné et réfléchi.


Pour toutes ces raisons, je suis candidat à l’investiture du MoDem à Paris.