12 juin 2007
Pour le vote public ?
Traditionnellement, les scrutins se font à bulletins secrets. Cette pratique avait pour but de permettre la libre expression des votants afin que leurs choix ne puissent faire l’objet de pressions. Il s’agissait alors de limiter les pratiques de votes familial, régional et/ou de tout groupe déjà existant qui exercerait des influences impératives sur ses membres afin d’exiger un vote conforme à celui du point de vue dominant.
Je crois que nous n’en sommes plus là : les femmes sont largement autonomes par rapport à leurs maris et les individus par rapport à leurs voisins ou collègues, pour qu’une telle prévention basée sur le secret n’ait plus de pertinence immédiate. Le mode scrutin est aujourd’hui prêt à murir et devenir plus adulte et responsable.
Le vote public, au sens où chacun pourrait connaître le vote de chacun, aurait alors de nombreux avantages :
Le renouveau de la démocratie représentative. En recréant un lien visible entre l’électeur et le candidat, le vote public renforcerait l’identification de l’un à l’autre. Il responsabiliserait d’autant plus le décideur politique qu’il saurait désormais que son mandat ne lui est plus accordé par un mystérieux suffrage universel mais plutôt par tous les individus lui ayant accordé nominativement leur confiance. Le vote blanc trouverait également enfin sa justification : la revendication d’une insatisfaction dans l’offre politique.
Les débats publics. Les citoyens affichant publiquement leurs choix politiques devront les justifier et les argumenter. Ces choix ne se feront plus en catimini d’un isoloir mais librement assumés et revendiqués. Il s’agirait alors de permettre une véritable appropriation des idées. Je crois qu’il n’y a plus dans aucun milieu de honte à voter pour tel ou tel courant politique raisonnable, et quand bien même cela serait, le vote public annihilerait très rapidement ces pratiques archaïques.
L’auto-censure. Même s’il n’a plus l’effet de contrainte sociale que je présentais en début de cette note le vote public aurait quand même encore un effet d’autocontrôle. Ainsi le recours aux extrêmes à seules fins de protestation en dépit de l’intérêt général se trouverait largement limité. La participation électorale serait également renforcée par ce même mécanisme : difficile de se plaindre de la politique quand pour des raisons de confort ponctuelles, on n’a pas rempli son devoir civique !
L’émergence du vote électronique. S’il est une évidence, c’est bien que le vote électronique et les nouvelles technologies de communication recèlent des potentialités magnifiques pour un renouvellement des pratiques démocratiques. Or ces techniques souffrent, comme toutes leurs consœurs numériques, d’un risque de piratage et manipulation qui est tout aussi évident. Le vote public est la seule solution pour fiabiliser le vote électronique : savoir que sa voix conserve toute son intégrité dans le processus électoral, pourvoir constater que celles de ses voisins, et seulement celles-ci sont bien dans l’urne électronique, c’est la condition nécessaire et suffisante à la crédibilité du vote électronique.
Le plus grand danger pour notre démocratie, c’est que les citoyens s’en désintéressent et la banalisent. Le vote public serait donc une solution pour remettre la politique au cœur de nos vies. Mais il est vraissemblablement encore un peu tôt : le vote public c'est la démocratie idéale et appaisée. Nous y arriverons ...
19:35 Publié dans Politique (France & Europe) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Vote, scrutin, blanc, public, électronique, démocratie
05 mai 2007
Pour l’équilibre : toujours débattre et améliorer notre démocratie
La démocratie, comme toute idéologie, est impossible à mettre en œuvre selon la pureté de ses principes théoriques : la démocratie idéale, directe et permanente conduit implacablement à une cacophonie impotente. Il est donc nécessaire de mettre en place une constitution qui définisse non la nature de la démocratie, mais toutes les limites qui y sont apportées. Une constitution (donc les institutions) n’est jamais idéale, et méprisera toujours mais nécessairement une partie du peuple. Elle reste cependant la condition nécessaire à l’efficacité.
Dans ces conditions, l’attitude équilibrée et responsable est la suivante :
- Encourager l’information et le débat sur les limites de notre système
- Intervenir par évolutions successives pour adapter le cadre constitutionnel aux nouvelles exigences
Dans ce cadre, ni rester figer sur des traditions, ni évoquer une révolution par la VIème république qui serait un eldorado démocratique, n’est adapté à la conduite d’une réflexion pertinente. plutôt que la 6ème: la 5.1 ! Il suffit pour s'en convaincre de constater que les projets envisagés par le Modem ou le PS sont des évolutions (intéressantes) mineures, mais en aucun cas une révolution démocratique.
Notre démocratie, figée en 1958, a aujourd’hui à répondre à plusieurs défis liés au développement des sondages (démocratie interactive), d’internet (démocratie directe), et d’une attente de renouvellement (démocratie représentative). Elle devra donc évoluer progressivement pour s’adapter à ces nouvelles exigences.
13:30 Publié dans ** Mes convictions (l'équilibre) ** | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Equilibre, Démocratie, Constitution, Institution
