26 avril 2008

Offrir à l'Europe notre droit de Véto

116366467.jpgL’ONU souffre d’une organisation cinquantenaire qui à l’évidence ne répond plus aux exigences et équilibres actuels. Une réforme du conseil de sécurité, de sa représentativité et de son mode de fonctionnement sera indispensable à terme afin de maintenir la pertinence de l’ONU, au regard de toutes les tentations unilatérales.
Une initiative de la France vers davantage de coopération et de représentativité européenne et mondiale serait donc un grand pas pour l’humanité.

Je propose donc que la France offre à la future structure européenne rénovée son droit de veto à l’ONU. Il ne s’agirait pas d’une perte d’indépendance mais d’adapter la réalité opérationnelle à notre ambition d’intégration régionale. Il s’agirait donc de donner aux futures institutions prévues par le mini-traité en cours de ratification, les moyens de leurs ambitions. Afin de d’obtenir un consensus national sur cette question, la France pourrait conserver dans un premier temps un droit de veto sur le veto.

En échange, car nous aurions aussi à y gagner, les autres états européens s'engageraient à partager une notre effort de défense. Car dans l’Europe d’aujourd’hui, seule la Grande Bretagne et la France ont maintenues des dépenses militaires à un niveau élevé (2,5% du PIB ou 15% des dépenses de l’Etat), alors que les autres pays européens sont autour de 1,5% de leur PIB, voire moins. Objectivement, ils comptent sur nous pour les défendre ! Une meilleure répartition des dépenses militaires est donc nécessaire. D’autant plus que cet écart de 1 point de PIB explique en partie nos difficultés à nous maintenir sous les 3% de déficit imposés par cette Europe qui nous délègue ces dépenses.
 
Cette proposition généreuse et légitime, pourrait constituer une des thématiques de la campagne pour les élections européennes l'année prochaine.
 

Commentaires

100% d'accord; plus que le droit de véto, il s'agirait de transférer le siège de la France au Conseil de Sécurité.

Afin que cette proposition soit accompagnée d'une certaine réciprocité (au delà de ta proposition très pertinente de budget de la défense), la France demanderait (sans obligation) un engagement supplémentaire de la part de ses partenaires pour la Politique Etrangère (PESC) et la Politique de Défense (PESD) de l'UE afin de les rendre plus cohérentes et plus centrales aux politiques extérieures de l'UE (ce qui est déjà sous-entendu par le transfert du siège permanent car cela oblige une prise de position commune); un exemple concret serait la prise de décision à la majorité qualifiée pour ces deux politiques, au lieu du système intergouvernemental actuel obligeant un consensus (pas de véto, uniquement des abstentions) .

Ecrit par : ArnaudH | 26 avril 2008

Comme dit plus haut, il apparaît évident que la mise en commun du droit de veto devra s'accompagner de l'émergence d'une politique étrangère commune de fait.
Or, des doutes sont permis quant à une telle possibilité dans un avenir proche. Depuis le grand élargissement, la PESC adu mal à évoluer à cause de l'explosion du nombre de membres : car s'il y avait autrefois un consensus global autour d'une diplomatie "à la française", tendant à l'indépendance vis-à-vis des USA, ce n'est dorénavant plus le cas avec l'intégration des pays de l'Est, bien plus atlantistes que nous (menace russe oblige). C'est tout un échiquier qui se redéploie, avec en toile de fond, la terriblement actuelle question russe.

Il est donc un peu tôt, sans doute, pour réclamer un droit de veto européen. Ce serait formidable, bien sûr. Mais la raison d'être du droit de veto est simple : toute action commune doit se faire avec l'accord des puissants, sous peine de voir la communauté internationale s'affaiblir dangereusement (puisque ce sont "Les Grands" qui lui fournissent hommes, moyens et matériel). C'est injuste, mais c'est lucide.

Et tant que l'UE ne sera pas une puissance, inutile de rêver quant à son rôle au Conseil de Sécurité...

Ben
(Fédéraliste européen)

Ecrit par : Benn | 20 août 2008

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