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05 décembre 2007
Rembourser la dette publique par l’impôt sur les successions
La dette publique de la France se montait en 2006 à 1.150 milliards d’€uro. Le service de la dette, c'est-à-dire le paiement des intérêts, se montait à 47,4 milliards d'€uros pour l'année 2005, soit 20% du budget de l’Etat. Et tout ça sans rembourser la dette : ces milliards ne sont que des intérêts ! Il est donc aisé d’imaginer les possibilités fantastiques qui s’ouvriraient à la solidarité et à l’efficacité nationale si ces 20% des dépenses n’existaient plus. Si la dette était remboursée.
Il serait surtout indispensable, dans un objectif de développement durable, que chaque génération ne dégrade pas les conditions financières de la suivante (c’est même indispensable à la durabilité de l’économie de marché !). Il faut donc distinguer la bonne dette, celle qui est consacrée à des investissements dont bénéficieront nos enfants, de la mauvaise qui n’est qu’une conséquence de la mauvaise gestion des équilibres de fonctionnement. La fin des déficits, à l’origine de la dette, est donc un objectif préalable. La référence au développement durable n’est pas ici un artifice verbal, mais bien une évolution majeure dans la façon d’aborder la dette. En effet, les économistes keynesiens ont inventé la dette publique comme outil de financement en faisant l’hypothèse que l’Etat est éternel et irresponsable : ses emprunts sont garantis par lui-même quoi qu’il arrive. Nous pensons aujourd’hui qu’une attitude bien plus responsable et solidaire vis-à-vis des générations futures est nécessaire.
Dans un tout autre domaine, l’impôt sur les successions apparaît comme un élément essentiel de l’égalité républicaine en assurant une redistribution entre familles riches et familles pauvres via l’Etat. Les choses sont évidement plus compliquées que cela, mais il reste que je considère la diminution des droits de succession, comme le souhaite le gouvernement, comme une grande avancée vers la société d’inégalité croissante que nous rejetons. Il semblerait donc plus juste, et faisable comme le confirme l’économiste Thomas Piketty, d’envisager une augmentation de cet impôt grandement égalitaire.
Le montant 2006 des droits de succession perçus par l’Etat était de 7 milliards d’€uro, soit 0,4% du PIB. Imaginons que cet impôt augmente jusque 1% du PIB comme proposé par Piketty. Il rapporterait alors 18 milliards d’€uro.
Imaginons alors que cette nouvelle version de l’impôt sur les successions soit intégralement consacrée au remboursement de la dette. Il faudrait alors 65 ans pour rembourser la dette (tout en continuant à payer des intérêts et si nous ne créons pas de nouvelles dettes). 65 ans, c’est quasiment l’espérance de vie moyenne des personnes majeures en France. C'est-à-dire que nous tous, électeurs et adultes, pourrions prendre l’engagement de rembourser notre part de dette en partant. Nous ne laisserions donc pas de dettes à nos enfants mineurs et à venir. Nous serions enfin responsables et justes, chacun payant à sa mort sa part de la dette publique, selon son patrimoine.
« Payer ses dettes en partant » c’est la moindre des choses, non ?
22:54 Publié dans Politique (France & Europe) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Dette, impot, succession, durable

Commentaires
Je croyais le MODEM européen ?????????????
Comment concilies tu ton projet et le fait que de plus en plus de riches quittent la France ? Bon moi je reste en France sachant que 40 % de mes biens iront à l'Etat, mais si tu multiplie par 2,5 ma contribution (100% de mes biens iraient à l'Etat????), je vais moi aussi aller en Belgique ou ailleurs.
Ne t'étonne pas non plus de voir que ce sont des étrangers qui achètent grands appartements à Paris centre et chateaux en province. Un propriétaire français ne peut pas garder (sauf s'il est richissime) le patrimoine de valeur laissé par ses ancêtres. Un propriétaire anglais, japonais, libanais, libyen si !
Attention : je ne dis pas qu'il faille supprimer en France les droits de succession. Je dis qu'il faut arrêter de croire que la France est isolée du reste du monde. As tu regardé ce que font les autres pays ?????????????
Ecrit par : vincent | 16 décembre 2007
Bonjour Vincent,
Je ne voit pas le rapport avec l'Europe. D'autant plus que si tu veux déménager ton patrimoine, il te faudra payer des droits de mutation qui sont bien plus importants que les droits de successions.
Il faut aussi noter qu'en Belgique, ton exemple, les droits de succession sont différents suivant la région. Et ça m'étonnerait que des Flamants déménagent en Wallonie juste pour modifier leurs impots post mortem.
D'autre part, voici un exemple de droit de succession :
EXEMPLE : une personne décède, laissant pour seuls héritiers 2 fils sans enfant. L'actif net de la succession s'élève à 350 000 euros.
Les droits de succession sont calculés de la façon suivante :
* part nette imposable (350 000 euros / 2) = 175 000 euros
* abattement spécifique par enfant de 150 000 euros
* part nette imposable (après abattement) : (175 000 euros - 150 000 euros) = 25 000 euros
* tarif imposable :
5 % sur 7 600 euros = 380 euros
10 % sur 3 800 euros = 380 euros
15 % sur 3 600 euros = 540 euros
20 % sur 10 000 euros = 2 000 euros
* total des droits : 3 300 euros
Le montant total des droits dus par les 2 fils s'élève donc à 3 300 euros.
Soit moins de 1% et non 40 % ! Il y a donc un peu de marge de manoeuvre.
Ecrit par : Sébastien DUGAUGUEZ | 17 décembre 2007
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