17 novembre 2007
Avant les Municipales : relire la charte d'Athène
S’il est en urbanisme un texte fondateur et mythique, c’est bien la Charte d’Athènes. Ce document, écrit en 1936 et diffusé par Le Corbusier, a inspiré après guerre la reconstruction de la ville et l’émergence de cités nouvelles partout de par le monde.
Aujourd’hui, ce texte, organisé en 95 propositions, incarne cette période et certaines de ses erreurs comme les grands ensembles ou les constructions sur dalles. Cette critique rétrospective est injuste. En effet, l’ambition première de la charte d’Athènes, la disparition des bidonvilles insalubres, a été achevée dans les années 1970. On dit également ce texte dépassé et obsolète face aux enjeux nouveaux de la ville. C'est vrai que certains articles ont un peu vieillis, notamment ceux sur le machinisme.
Cependant, s’il fallait envisager une nouvelle charte pour la ville de demain, la charte d’Athènes de 1936 constituerait une extraordinaire source d’inspiration. Ainsi au regard de Paris, certaines propositions restent étonnamment d’actualité,
Sur le Grand Paris :
« 83 – La ville doit être étudiée dans l’ensemble de sa région d’influence. Un plan de région remplacera le simple plan municipal. La limite de l’agglomération sera en fonction du rayon de son action économique. »
Sur la place de la voiture :
« 80 – Les vitesses mécaniques nouvelles ont bouleversé le milieu urbain, instaurant le danger permanent, provoquant l’embouteillage et la paralysie des communications, compromettant l’hygiène. »
Sur l’étalement urbain :
« 11 – La croissance de la ville dévore, au fur et à mesure, les surfaces vertes limitrophes sur lesquelles prenaient vues ses ceintures successives. Cet éloignement toujours plus grand, des éléments naturels augmente d’autant le désordre de l’hygiène. »
Sur les Tours :
« 82 – L’urbanisme est une science à trois dimensions et non pas à deux. C’est en faisant intervenir l’élément de hauteur que solution sera donnée aux circulations modernes ainsi qu’aux loisirs, par l’exploitation des espaces libres ainsi créés. »
Sur les temps de transports :
« 42 – La liaison entre l’habitation et les lieux de travail n’est plus normale ; elle impose des parcours démesurés. »
18:10 Publié dans Ville (Paris) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ville, Grand Paris, Paris, Le Corbusier, urbanisme


Commentaires
C'est vrai que c'est un texte d'actualité.
Comme quoi, le Corbusier malgré qu'on peut lui reprocher pas mal de chose, était un visionnaire !
Ecrit par : Laurent Haddad | 18 novembre 2007
Les commentaires sont fermés.