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11 novembre 2007
De la difficulté d'être centriste
Je suis pour les OGM, le nucléaire ou la voiture !
Je suis aussi pour davantage de solidarité, pour une immigration massive et généreuse ou de vrais droits équivalents pour les homosexuels et les étrangers !
Voilà pour la vision simpliste de mes convictions. En vérité, elles sont beaucoup plus nuancées.
Mais même si je peux développer pour chacune de ces idées des arguments pertinents, serais-je entendu avant d’être catalogué ? Et si je le pouvais, pourrais-je développer un discours nuancé, sans paraitre fatigant, terne ou peu ambitieux ? Même si nous, centristes, n’avons pas tous les mêmes convictions, nous sommes tous confrontés à cette difficulté.
Car si c’est une chose (tellement facile) de se scandaliser, c’en est une autre d’essayer de comprendre la subtilité et la difficulté du monde, puis de proposer des voies réalistes, même si elles ne sont sûrement pas idéales. Il est a priori déroutant de comprendre que pour vouloir gouverner il faut proposer des idées tranchées, simplistes et miraculeuses, alors même que pour gouverner il faut confronter ces idées à la réalité et immédiatement les nuancer et les réduire.
Etre centriste, c’est donc poser directement, pour chaque idée, la question de ses nuances et de sa mise en œuvre. C’est se mettre honnêtement en position de gouverner et non de vouloir gouverner. C’est sortir de la dichotomie simpliste droite/gauche, solidarité/efficacité, nature/technologie…
Autre difficulté paradoxale : face aux ayatollahs de tous bords, de ceux de l’écologie à ceux de l’argent, considérer qu’il est vain de vouloir les combattre ! En effet, nous leur reconnaissons la pertinence de servir d’éclaireurs, de capacités d’indignation et de spécialistes des cas particuliers. Ce sont donc des partenaires, alors même que nous nous opposons à leurs idées.
Etre centriste c’est également prendre conscience que nous ne serons jamais d’accord entre nous. Car elle est immense la gamme des nuances et des projets. Il nous faut alors faire vivre le débat, sans vouloir le trancher définitivement. Mais au final retenir, à l’instar de la démocratie, le moins pire des systèmes. Car dans quasiment tous les domaines de la politique, face à la complexité et l’absence de certitude, il restera nos valeurs et surtout un engagement : celui de conduire honnêtement et en transparence, les affaires communes.
Ne pas vouloir faire le bonheur des hommes, voilà notre ambition et notre difficulté.
22:30 Publié dans Politique (France & Europe) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : modem, centre, politique

Commentaires
« Je suis pour les OGM, le nucléaire ou la voiture !
Je suis aussi pour davantage de solidarité, pour une immigration massive et généreuse ou de vrais droits équivalents pour les homosexuels et les étrangers !
Voilà pour la vision simpliste de mes convictions. »
En somme, tu es communiste ! :-D
Ecrit par : KPM | 14 novembre 2007
Je n'y avais pas pensé ! Mais vu comme ça c'est vrai !!!!!!
Dur, dur, d'être centriste !
Ecrit par : Sébastien DUGAUGUEZ | 15 novembre 2007
Je crois qu'on a le même esprit, Sébastien (je ne veux pas dire qu'on partage des neurones, hein ;o) ) !
Heu, par ta dernière phrase, je suppose que tu voulais dire "Ne pas vouloir faire le bonheur des hommes malgré eux" ? Quoique le verbe "faire" implique peut-être la notion sans qu'il soit besoin de la préciser... En tout cas, personnellement, si je me suis engagé, c'est pour les aider à le trouver, ce bonheur (le leur, pas celui que je voudrais leur imposer), ou au moins leur garantir le droit à la recherche du bonheur.
Ecrit par : Thomas Deslypper | 15 novembre 2007
Bonsoir,
Je trouve votre texte très posé et en même temps engagé. Le "pour la voiture" me pose question. Non pas que je sois contre absolument, mais pourquoi "pour" de facto ?
Pour ma part, je pense que les migrations s'insèrent dans des systèmes que nous ne pouvons contrôler. Etre pour ou contre ne changera guère les migrations. Alors, assez d'accord pour dire qu'il vaut mieux les intégrer comme une donnée plutôt que de les combattre en créant des injustices plus graves. De plus, nous en avons besoin. Le cas de l'Espagne (différent du nôtre) le montre fortement.
Votre texte pose aussi clairement la difficulté d'être intelligent en politique. Dans une démocratie de plus en plus directe et moins représentative, les slogans sont attendus, les petites phrases remplacent les grandes idées. Alors comment faire place au débat qui rassemblent les intellectuels et les citoyens ordinaires ? La pédagogie à employer est ambitieuse mais certainement nécessaire. La gestion des foules ne va guère dans ce sens.
J'ai aussi regardé du côté de vos articles sur le développement. Celui-ci a aussi besoin de ne pas vouloir faire le bonheur des hommes. Je crois que des initiatives comme "Voices of the poor" de la Banque Mondiale en 2000, les conventions de l'ONU, de l'OIT qui commencent à constituer un droit international ainsi que les outils de l'OMC comme l'organe de règlement des différents sont toutes des pistes pour donner un cadre international. Ce n'est pas parfait ni idéal mais ce sont des avancées certaines.
Merci de nous permettre de réfléchir sur la toile à de grandes questions et débattre ainsi en démocrates.
Ecrit par : Claude | 17 novembre 2007
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